Le dilemme du traitement du chômage des jeunes

Aucun pays soucieux de sa cohésion et de son avenir ne peut se satisfaire d’un chômage des jeunes frisant les 30% dans certains quartiers…

C’est pourquoi j’ai, avec les députés de la majorité, voté avec enthousiasme et espérance la loi instituant les contrats d’avenir et de génération promis pendant les campagnes présidentielle et législative.

L’idée force de ces mesures étant de mettre le pied à l’étrier des jeunes Français qui se sentent oubliés, rejetés, laissés pour compte par une société engluée dans un chômage de masse qui augmente sans discontinuer depuis plus de 50 mois consécutifs.

Or, l’intention certes louable de réserver le plus possible ces emplois stables, vrais tremplins vers une insertion professionnelle durable, à des jeunes sans aucune formation se heurte malheureusement au roc de la réalité économique de notre pays.

Tout simplement parce que les employeurs potentiels souhaitent embaucher des jeunes déjà formés et rapidement employables et opérationnels plutôt que ceux qui sont sans formation ou en état d’échec scolaire.

Ce qui est en soi un drame, car ceux à qui ces contrats sont réservés se vivent comme les victimes d’une discrimination qui ne leur permettra pas de rompre avec la spirale de l’échec, et les autres relèvent avec amertume que le bagage qu’ils se sont constitués à force d’efforts et d’études longues se retourne contre eux comme un boomerang aussi injuste que contre productif.

Il faut donc remédier sans délais à ce blocage règlementaire absurde et assouplir les conditions d’accès à ces différents contrats en ne faisant plus du baccalauréat qui – soit dit en passant n’a rien d’un gage d’efficacité ou d’opérationnalité- une barrière infranchissable et un motif de rejet des candidatures.

« Quand le blé est sous la grêle, fou qui fait le délicat! »

Souvenons- nous que le diable est dans les détails et que le seul impératif qui compte, c’est rendre l’espoir à ces centaines de milliers de jeunes ardeurs qui n’attendent que le moyen, certains diront la chance, de donner toute la mesure de leur courage et de leur talent au service d’un métier et d’un projet de vie.

Ce n’est qu’à ce prix, qui ne tient qu’à un peu de bon sens, d’esprit pratique et de connaissance du terrain , que le Gouvernement et le Président rompront enfin avec la fatalité du chômage qui nous poursuit depuis au moins 5 ans et redonneront à ceux qui sont le printemps de la Nation, mais aussi à leurs familles, confiance et espoir en l’avenir.

En avant la République!

A quelque chose, malheur est bon !

Si le séisme qui vient de secouer notre vie politique nationale peut avoir un mérite, c’est celui de permettre en quelques semaines ou quelques mois à nos institutions à bout de souffle de retrouver une nouvelle jeunesse.

Pendant plus de 50 ans, la Vème République nous a apporté la  stabilité politique et un Président qui préside.

Mais aujourd’hui,  ses défauts doivent être corrigés  et ses pouvoirs  déséquilibrés  ne sont plus adaptés aux nécessités du siècle nouveau.

C’est ainsi que notre monarque républicain aux pouvoirs quasi sans limites  doit trouver des garde-fous dans ceux élargis d’une assemblée réhabilitée et qu’il ne pourra plus dissoudre.

De même que la Magistrature, troisième pilier du régime républicain,  doit voir sa totale indépendance du pouvoir politique  constitutionnellement  garantie contre  toute ingérence, d’où qu’elle vienne…

Nous devons enfin opter  une fois pour toutes en faveur d’un  vrai régime présidentiel qui ne peut cependant  se concevoir sans contrepouvoirs institutionnels réellement  indépendants,  mais aussi syndicaux courageusement rénovés.

Quant aux représentants du peuple que sont les députés de la Nation, mais aussi les détenteurs de grands exécutifs locaux,  il suffira  de quelques règles de bons sens inscrites dans le marbre et appliquées sans faiblesse  pour que les coupables errements  d’une infime minorité  qui sévissent néanmoins depuis trop longtemps cessent comme par enchantement.

Il faut,  par exemple,  bannir toute possibilité pour un parlementaire d’exercer quelque profession parallèle que ce soit,  tout en lui donnant les moyens de retrouver son activité d’origine, une fois son mandat électif perdu ou abandonné.

Mais il faut aussi traquer et frapper durement les  activités des  lobbies  auprès des élus de tous niveaux, et bannir définitivement de la vie publique ceux qui en retireraient profit et enrichissement personnel.

Et pour ce qui est du patrimoine  privé des élus, il est très  facile de le mesurer au moment de leur prise de fonction et à  la fin de chaque mandat,  en donnant à une institution indépendante les moyens d’investigation nécessaires  et  le pouvoir d’exiger toutes les justifications incontestables  de son évolution,  en  assortissant la moindre dérive d’une inéligibilité définitive.

Voilà ce que, sans céder à un populisme mortel pour notre Démocratie ou à un voyeurisme malsain et suspect, l’on pourrait administrer comme élixir de jouvence à notre volonté collective de vivre ensemble !

Car, qu’elle porte le numéro 5 ou le 6, l’essentiel n’est-il   pas que nous continuions de vivre le plus longtemps possible en liberté,  et dans une  République dont le ressort resterait la vertu ?

La potion amère

La décision est tombée : la porcherie industrielle d’Heuringhem se fera!

Maintenant que les dés sont jetés, et après avoir tout tenté jusqu’au dernier jour pour empêcher un  projet que j’ai toujours trouvé dangereux pour la santé publique, je veux m’exprimer sans langue de bois pour pointer toutes les responsabilités et prendre date pour l’avenir.

Si j’ai,  dès le début de cette triste affaire, exprimé à la fois mes craintes et les raisons de mon opposition qui n’avaient rien à voir avec qui que ce soit en particulier, et surtout pas les porteurs du projet, c’est que je le pensais hautement risqué pour les réserves d’eau potable de ce secteur vulnérable et fragile.

Rien d’autre que l’idée que je me fais de mes responsabilités d’élu et de représentant des populations qui me font confiance, n’a guidé mon action ni inspiré mon combat.

C’est parce  j’étais intimement convaincu, qu’en cette matière comme en beaucoup d’autres, on joue aux apprentis sorciers, que j’ai  décidé de jeter -malheureusement sans succès – toutes mes forces dans cette bataille incertaine.

Pourtant ce n’est pas faute d’avoir  sensibilisé tous les décideurs concernés à la nocivité de ce projet et aux menaces objectives qu’un élevage industriel de 5000 porcs par an ferait immanquablement courir un jour ou l’autre à nos précieux gisements aquifères, en dépit des doctes et lénifiants avis rendus sur le sujet par de technocrates infaillibles…

A commencer par le Préfet de département qui,  appelé à délivrer ou non l’autorisation, fut probablement ébranlé par mes appréhensions d’ordre sanitaire et s’était engagé à me suivre en refusant une telle exploitation  à cet endroit.

Je regrette amèrement aujourd’hui qu’il n’y ait pas eu respect de la parole donnée.

Mais je dois à la vérité de dire que j’ai simultanément fait le siège du pouvoir politique national en  lui démontrant preuves à l’appui le danger encouru tant par l’environnement, les biotopes irremplaçables et par-dessus tout  la ressource en eau qui alimente plus d’un million d’habitants.

Et si, dans un premier temps, le Ministère de l’Ecologie m’a semblé sensible et réceptif à mes arguments, je suis obligé de reconnaître que celui de l’Agriculture a fini par imposer sa loi,  empêtré et ligoté qu’il reste par sa cogestion de l’économie agricole nationale avec le syndicat dominant du secteur et qui prévaut depuis des décennies dans notre pays, quelle que soit la couleur du Gouvernement.

C’est contre cet effacement institutionnalisé de l’intérêt général devant la toute puissance d’un groupe  de pression, par ailleurs ouvertement déclaré adversaire d’une Gauche qu’il tolère faute de mieux en période d’alternance démocratique, que je m’élève et m’insurge.

Voilà pourquoi je prends aujourd’hui solennellement à témoin l’opinion publique des lourdes responsabilités prises par les auteurs de cette décision,  en les désignant à l’avance comme les comptables irrécusables d’une macro pollution de notre eau potable, voire d’un empoisonnement collectif.

Et devant l’importance de l’enjeu, j’invite et encourage fortement les institutions et personnes physiques habilitées à le faire, à introduire sans attendre un recours en bonne et due forme contre l’arrêté préfectoral devant la juridiction administrative.

Les jurisprudences constatées récemment en la matière dans plusieurs départements nous autorisent  très raisonnablement à penser qu’en finalité, justice sera  rendue à notre population et à notre territoire.

Réserve parlementaire 2013

Voici, pour 2013, la répartition des 130 000 euros annuels de réserve parlementaire entre les communes de la circonscription. Les montants alloués tiennent compte, le plus équitablement possible, de la nature et du coût global des investissements réalisés.

- BLENDECQUES : 5 000 €
Acquisition de TBI et vidéoprojecteurs pour les écoles primaires

- HELFAUT : 15 000 €
Construction nouvelle mairie

- SAINT-MARTIN-AU-LAËRT : 5 000 €
Matériel informatique du cyber centre

- ARQUES : 10 000 €
Remplacement du système de chauffage dans les écoles

- NORRENT-FONTES : 10 000 €
Travaux mairie et locaux annexes

- ISBERGUES : 10 000 €
Matériel informatique pour les écoles

- BURBURE : 10 000 €
Réhabilitation d’un bâtiment à destination de la pratique musicale

- AUCHEL : 10 000 €
Transformation du marché couvert en salle des Fêtes

- AUCHY AU BOIS : 5000 €
Requalification environnementale du terril sur la Via Francigena

- MAMETZ : 15 000 €
Construction nouvelle mairie

- ESTREE-BLANCHE : 5 000 €
Remplacement des menuiseries à l’école de la Lacquette

- THEROUANNE : 15 000 €
Construction d’une nouvelle mairie

- WIZERNES : 5 000 €
Travaux cantine scolaire

- RELY : 5 000 €
Mise en conformité salle communale

- LIGNY LES AIRE : 2 000 €
Travaux de voirie communale

- ECQUEDECQUES : 1 500 €
Mobilier pour la mairie

- LINGHEM : 1 500 €
Renouvellement mobilier scolaire

Caisse de secours minière d’Auchel

Aujourd’hui, j’ai posé une question orale à la Ministre de la Santé au sujet du devenir de la Caisse de secours minière d’Auchel. Voici le texte de mon intervention:

« Sur la demande instante des parlementaires de la Majorité, dès le 7 août 2012, vous avez, Mme la Ministre,  décidé un moratoire à l’exécution du projet de démantèlement du régime social minier enclenché par le Gouvernement Fillon et son ministre Bertrand.

Dans l’attente de l’abrogation du décret du 30 août 2011 et de son article 80, la Carmi, garante d’une offre de soins globale et pluridisciplinaire pérennisant les acquis des ayant-droits miniers et du personnel, se devait de préparer dans la concertation des solutions rationnelles dans le respect de ces exigences incontournables.

Il n’en a rien été puisque la Carmi vient  unilatéralement de décider le démantèlement de l’actuel Centre de Santé pluridisciplinaire d’Auchel entre deux sites : la Manaie d’Auchel et la Roseraie de Bruay-la- Buissière.

Alors que la Caisse de Secours Minière d’Auchel assure quotidiennement  la prise en charge de 500 patients à travers 11 spécialités  médicales et chirurgicales,  et que les indicateurs de santé et la démographie médicale de la zone sont des plus alarmants, ce n’est certainement pas l’heure de déménager l’offre de soins et d’en affaiblir l’accès facile et rapide par les moins favorisés.
On nous objectera sans doute qu’il faut faire des économies d’échelle et que des évolutions sont  nécessaires.

Loin de nous l’idée de nier cette réalité, mais, même s’il a besoin d’être modernisé, le Centre de Santé d’Auchel remplit parfaitement son office, et sa proximité avec les  affiliés – miniers et les patients des autres régimes  du secteur le rend irremplaçable.
C’est la raison pour laquelle je vous demande, Mme la Ministre, de maintenir, au besoin en la confortant,  l’offre globale de soins sur le site de la Ville d’Auchel et de refuser par conséquent son transfert sur deux autres sites.

En prenant cette décision conforme aux intérêts bien compris d’un bassin de vie qui a un urgent besoin de soins performants, étendus et accessibles à tous, le Gouvernement affirmera sa volonté intacte de respecter sa parole mais aussi de rendre justice et  faire réparation à une communauté humaine et une corporation qui ont tout donné à la Nation. »

Installation du groupe d’études sur l’amiante

Mardi dernier à l’Assemblée, le groupe d’études sur l’amiante a été reconstitué après les élections de juin 2012.

C’est Christian Hutin, député du Nord qui en a été désigné président.

Le groupe a procédé à la nomination de son bureau et j’ai été nommé secrétaire de ce groupe ainsi que Jean-Pierre Decool, également député du Nord.

La discussion s’est ensuite engagée sur les sujets d’actualité et les activités futures du groupe, à savoir la rencontre du président avec la Garde des sceaux, la diversité des victimes de l’amiante et l’opportunité de tenir des réunions avec nos collègues sénateurs.

L’ouverture d’une possibilité de reconnaissance individuelle a également été citée comme une piste à explorer.

Toutes ces questions feront l’objet d’auditions et d’examens approfondis  lors des prochaines réunion du groupe dont la plus proche est fixée au 12 mars.

L’Organisation Mondiale du Commerce sur la selette

La commission des affaires économiques de l’Assemblée auditionnait mercredi dernier Pascal Lamy, Directeur Général de l’O.M.C. en fin de mandat.

Cette audition regroupait, outre les membres de la commission, ceux des affaires étrangères et des affaires européennes.

C’est dire si les questions furent nombreuses et variées et durent être regroupées et synthétisées par thèmes voisins pour que la réunion se tienne dans l’épure du temps prévu.

On a pu néanmoins constater à nouveau la profonde différence d’approche des tenants d’un libre échangisme pur et dur et adeptes du laisser-faire économique et ceux qui, comme moi, pensent qu’il est urgent d’introduire au sein du marché une dimension humanitaire et sociale.

Bref, de mettre enfin de l’éthique sous l’étiquette !

Enfin, j’ai voulu interroger P.Lamy – mais c’est une question regroupée qui l’a faite pour plusieurs d’entre-nous – sur le projet de règlement européen en cours de discussion en demandant que l’obligation de réciprocité y soit inscrite  en cas d’attribution   de marchés publics entre l’Union Européenne et des pays tiers.

Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui et dévaste notre industrie nationale.

E.G.A.L.I.T.E.

Hier, l’Assemblée Nationale a voté la loi du Mariage pour tous. Par 329 voix contre 229, et dans une décision historique,  les Députés ont ouvert de nouveaux droits et reconnu l’égalité à des hommes et des femmes que notre société stigmatisait et rabaissait légalement depuis deux siècles.

Dans un combat qui fut rude, tant les conservatismes, les préjugés et parfois la haine contre cette avancée s’exprimèrent avec force pendant quinze jours au dehors et au dedans de l’hémicycle, la volonté du peuple et de ses représentants légitimes a réussi à prévaloir.

Désormais, en France comme dans 11 autres pays, les couples de même sexe se sentiront enfin  citoyens à part entière, parce qu’acceptés et reconnus, et des enfants pourront grandir et être heureux au sein de la seule famille qui vaille : celle qui vous élève et qui vous aime.

En ce 12 février 2013, la France des droits de l’homme a été une fois de plus fidèle à elle-même en faisant progresser l’une des 3 exigences de sa belle devise républicaine, et je suis fier d’y avoir contribué!

Le moteur de l’Europe

J’étais mardi à Berlin pour la célébration du 50ieme anniversaire du Traité de Coopération Franco-Allemand encore appelé Traité de l’Elysée.

Tour à tour, François Hollande, puis Angela Merkel suivis des porte-parole des groupes politiques de l’Assemblée Nationale et du Bundestag ont salué l’acte fondateur de réconciliation définitive posé par Konrad Adenauer et le Général de Gaulle entre deux peuples et deux nations qu’on avait fini par croire ennemis héréditaires .

Mais, beaucoup plus largement, chacun à sa manière, a détaillé les acquis de ce demi siècle en terme de démocratie, de paix, d’amitié et de solidarités partagés.

Il n’est pas superflu de rappeler que ce qui peut apparaître aujourd’hui comme une évidence  à tous ceux qui fort heureusement n’ont pas connu la guerre, était loin d’aller de soi au sortir de l’enfer de la deuxième conflagration mondiale .

Qui peut dire en effet que, sans cette volonté visionnaire et durable de construire une Europe unie et solidaire à partir de nos deux nations, la barbarie, les atrocités et l’holocauste ne se seraient pas répétés depuis ?

C’est pourquoi, aujourd’hui encore et plus que jamais, la jeunesse d’Europe doit être la gardienne de ce bien commun pour l’entretenir, le protéger et le donner en partage à la jeunesse du monde.

Certes, cette journée dense en émotion pour beaucoup a montré aussi qu’il restait énormément à faire pour lever les réticences et vaincre les égoïsmes résiduels de part et d’autre afin d’atteindre un degré d’intégration et de fédéralisme  européen qui mettra notre continent définitivement à l’abri du retour du nationalisme exacerbé et des tentations de repli sur soi.

On l’a bien vu avec l’engagement français au Mali, salué à maintes reprises  comme un acte de courage salutaire pour les démocraties occidentales, mais sans qu’une décision allemande de s’engager militairement soit exprimée par la chancelière et alors que plusieurs orateurs d’Outre-Rhin l’y avaient expressément invitée.

Car devant les dangers que les intégristes islamistes font courir à nos démocraties et à celles qui ont émergé avec le printemps arabe, on n’esquivera plus très longtemps la question d’une défense européenne commune.

C’est l’un des défis, avec la stabilité de l’euro et la nécessaire solidarité entre les pays membres, que l’Europe se doit de relever sans attendre.

En tous cas, avec tous les parlementaires des deux pays présents à ce moment privilégié et somme toute historique, j’ai eu le sentiment, en tant que Français,  d’appartenir avec le peuple allemand à une communauté de destin et de participer modestement mais résolument  à la construction d’un monde de progrès, d’humanisme et de fraternité.

Comme si, après qu’eurent retenti les  hymnes nationaux comme  des marqueurs de nos  identités complémentaires, l’Ode à la Joie qui a ponctué la cérémonie nous exhortait  à conjuguer nos forces, notre génie et nos valeurs pour faire avancer la condition et le bonheur des hommes…

Loin du compte…

Là où les plus fanatiques, ceux de l’U.M.P. et des intégristes de CIVITAS, tablaient sur plus d’un million de manifestants contre le mariage pour tous, c’est moins de la moitié qui a battu le pavé parisien.

Je respecte profondément celles et ceux qui, en toute bonne foi, ont voulu marquer leur désapprobation par l’exercice d’un droit constitutionnel et républicain: celui de manifester.

Mais je regrette qu’ils aient été pris en otage par des politiciens soucieux de se refaire une virginité après leurs turpitudes récentes ou instrumentalisés par des extrémistes religieux nostalgiques d’une société féodale et obscurantiste.

Car ce sont ceux là qui se sont mêlés aux gens dénués d’arrière-pensées, les mêmes qui voulaient les homosexuels au bûcher au moment du PACS,  pour lui trouver maintenant toutes les vertus!

Les mêmes aussi qui accusaient le Gouvernement Jospin de porter un coup mortel à la société française et qui assimilent aujourd’hui,  par la voix de l’un de leurs porte-paroles, le président de la République à Hitler!

Ce qui est dommage, c’est que le décompte des manifestants ne fait pas le distinguo entre les sincères et  les autres, ce qui relativise fortement le prétendu succès populaire massif de l’opération…

Tout cela a au moins le mérite de donner la vraie mesure du supposé rejet de cette avancée sociétale, par ailleurs contredit par les plus récents sondages, malgré un matraquage médiatique inouï et totalement déséquilibré.

Et, abstraction faite de ceux qui méritent que leur inquiétude soit écoutée et respectée, ceci démontre une fois de plus que la Droite institutionnelle et la fraction la plus  conservatrice de la hiérarchie  ecclésiastique,  refusent toujours la conquête  de nouveaux droits humains et ne se résignent que difficilement à accepter les anciens.

Je me réjouis qu’une fois de plus ce soit la Gauche qui regarde avec courage les évolutions de notre société et, sans hypocrisie, les assume.

Je suis fier que ce soit la Gauche qui, une fois  de plus,  fasse progresser  l’esprit de respect et de tolérance,  en instituant, non une obligation ni une restriction, mais un  droit nouveau.

Et je suis tout aussi fier de soutenir un Gouvernement et un président de la République qui, tout en préservant les libertés républicaines de tous, affichent  leur  détermination et leur  volonté d’aller jusqu’au bout de leurs engagements,  d’ailleurs ratifiés  en mai et juin derniers par le suffrage universel des Françaises et des Français.