Lettre à la Municipalité d’Arques

Madame Saudemont-Durand,

Assumez votre politique municipale de classe et cessez de mentir aux Arquois!

Madame le Maire, vous m’avez publiquement mis en cause lors du dernier conseil municipal d’Arques et vous me contraignez donc à exercer le plus élémentaire des droits de réponse à vos allégations aussi fantaisistes que fausses, voire diffamatoires.

Alors que j’étais aux mêmes responsabilités que celles que vous exercez depuis bientôt un an, j’ai proposé au conseil municipal de l’époque de majorer de 10% la bourse nationale d’enseignement supérieur des jeunes étudiants arquois, afin d’inciter à la poursuite d’études longues les enfants des milieux modestes et ouvriers et de réduire quelque peu les inégalités pénalisant les élèves méritants des familles les moins favorisées.

Cette aide, d’un montant moyen de 450 euros actualisés, a fortement aidé les parents et étudiants concernés, pour qui ce ballon d’oxygène a été, contrairement à ce que vous semblez croire, déterminante et particulièrement bienvenue.
Et cela l’est d’autant plus resté que les temps actuels sont encore plus difficiles qu’alors pour qui veut assurer un avenir meilleur à ses enfants.
D’ailleurs, et c’est tout dire, rien que pour cette année, ce ne sont pas moins de 158 familles arquoises qui avaient sollicité cette aide tant attendue. Merci pour elles !

Vous prétendez aujourd’hui, pour essayer de justifier votre décision inexcusable de supprimer cette mesure de justice sociale et de progrès humain, que cette décision est restée unique dans les communes de l’Audomarois. Je m’inscris en faux contre cette affabulation mensongère, car des municipalités comme celles de Longuenesse et de Wizernes ont rapidement emboîté le pas en la matière à la vile d’Arques et maintiennent d’ailleurs aujourd’hui cette politique innovante de solidarité active.

La réalité, c’est que depuis que vous avez accédé aux responsabilités majorales, vous ne semblez mue que par la volonté incessante de détruire tout ce qui a été fait avant vous, par esprit politicien et sans vous demander un instant si cela relève de l’intérêt général de la population arquoise, de ses réelles capacités contributives, ou tout simplement de la volonté d’améliorer le vivre ensemble communal.

Au delà des mensonges patents dont vous voulez étayer votre démonstration, vous avancerez sans doute l’argument facile des nécessaires économies en raison d’une gestion antérieure prétendument calamiteuse, que d’ailleurs nous parvenez pas à démontrer.

Mais alors, comment expliquerez vous aux Arquois qui ont cru à vos promesses que , pour économiser 30,000 euros sur le dos des ménages modestes qui entretiennent des étudiants en se privant , vous avez créé une police municipale superflue, comme si Arques était devenue subitement le Chicago audomarois, et recruté une collaboratrice de cabinet en doublon d’une Secrétaire Générale de Mairie, pour un salaire mensuel net d’environ 5,000 euros sans les charges, à un moment où plus de 100 salariés d’Arc international vont se retrouver au chômage?

La vérité, c’est que vous faites des choix qui signent votre vraie conception de la justice et de l’équité, et démontrent d’une manière éclatante à ceux qui pouvaient encore en douter qu’une Municipalité de Droite et une Municipalité de Gauche, ce n’est pas la même chose… Et, c’est bien la seule raison pour laquelle on peut vous remercier!

Le chainon de l’espoir

J’étais hier soir à Lille au Centre Oscar Lambret aux côtés des responsables d’Audomarose emmenés par leur Président Christophe Silvie.

Les Audomarois répondaient à l’invitation du Docteur Bernard Leclercq, Directeur Général du Centre, et des ses principaux collaborateurs, pour la remise officielle du chèque global de collecte de l’opération originale qui s’est tenue sur le territoire de Saint Omer en octobre dernier.

Cette manifestation multiforme a connu pour sa première édition un succès populaire exceptionnel qui a surpris et comblé ses initiateurs tant elle a fédéré les énergies, entraîné l’adhésion et rencontré la solidarité et la participation généreuse d’un nombre inédit de personnes  de bonne volonté.

Et c’était hier l’épilogue.

L’occasion saisie par le Docteur Leclercq et ses lieutenants, infatigables combattants contre le cancer , de nous faire découvrir un établissement d’excellence qui fait à juste titre leur fierté et les place au premier rang de la recherche et de la lutte contre ce fléau.

Il nous a été expliqué, avec toute la pédagogie nécessaire, mais aussi avec la simplicité de contact et d’approche qui signe la modestie et la classe consubstantiels à des bienfaiteurs de l’Humanité, que cet hôpital, établissement de droit privé dont tout le personnel est salarié, ne pratiquait pas le moindre dépassement d’honoraires ce qui est le vrai gage de l’accès de tous aux soins les plus pointus et les plus sophistiqués.

A Oscar Lambret, pas de ségrégation des patients par l’argent, et pas de deuxième peine qui s’ajoute au traumatisme d’une maladie qui continue d’impacter fortement le moral et le psychisme des malades par la crainte qu’elle inspire.

Et pourtant, depuis 2003, le budget du Centre est à l’équilibre et l’endettement inférieur à 3 % autrement dit epsilon pour un hôpital de cette envergure.

Après les exposés du Directeur Général sur les données majeures du Centre, ses défis et ses grands équilibres, le Docteur Bonneterre a présenté les différentes spécialités et mode d’intervention des praticiens ainsi que les techniques opératoires adaptées à chaque cas en usage dans l’établissement.

Ce fut ensuite la remise officielle du chèque de plus de 61 000 euros, le plus important enregistré à ce jour par le Centre en matière de don et d’aide à la recherche, en l’occurrence celle liée au cancer du sein.

Ce qui fut souligné par nos hôtes comme un moment exceptionnel, et célébré comme tel avec la plus grande admiration et reconnaissance.

Puis ce fut la visite des différents plateaux techniques de l’hôpital qui, pour les profanes que nous sommes, nous fit pour la première fois toucher du doigt la réalité concrète et quotidienne de toutes celles et tous ceux qui exercent avec passion et désintéressement une profession qui tient du sacerdoce.

Avec une panoplie impressionnante d’appareils tout aussi performants et dernier cri les uns que les autres mais qui sont aussi autant de planches de salut pour des malades naguère encore condamnés à l’issue fatale et prématurée autant qu’à la mortelle récidive.

Les progrès enregistrés dans la lutte contre le cancer ont été fulgurants et variés au cours des 3 dernières décennies et résultent aussi bien des efforts incessants du personnel exemplaire pour améliorer la qualité de la prise en charge que des moyens publics et privés dévolus à la recherche.

La présentation des scanners, IRM et autres “vaisseaux spaciaux” de la santé, nous a été faite par les sommités médicales de l’établissement, au premier rang desquelles le Professeur Lartigaud, pas peu fiers de pouvoir conduire ce qui se trouve de mieux actuellement dans le domaine du traitement anti cancéreux ciblé et des thérapies oncologiques de pointe.

Ce qui nous a confortés dans l’idée que la générosité publique pour ces sortes d’actions s’imposait plus que jamais pour démultiplier les effets des crédits d’Etat   face à des besoins croissants et des coûts en progression exponentielle.

C’est dire si la nécessité et l’ardente obligation de préparer sans attendre l’édition 2015 d’Audomarose nous sont apparues avec la plus grande évidence.

C’est en tous cas fort de cette conviction et de cette envie que chacun est reparti, plus riche qu’il n’était venu , vers une terre audomaroise et une population  solidaires et généreuses.

Le ciment de notre vivre ensemble

Ce matin se tenait l’assemblée générale annuelle de la Croix Rouge de Saint-Omer.

L’occasion pour le président Franck Brulin, devant 3 anciens présidents et de nombreux bénévoles et élus, de mettre à l’honneur deux des piliers de l’association caritative audomarois vieille de 140 ans!

Nicole et Marie Pierre furent tour à tour gratifiées,  l’une de la croix de vermeil , la deuxième de celle de bronze pour des années de bénévolat et de dévouement désintéressé.

Longtemps salariée de la Croix Rouge, Nicole prolonge même son engagement à l’heure de la retraite en assurant une présence active plusieurs jours par semaine à titre totalement gratuit.

Quant à Marie-Pierre, elle soulage les responsables de toutes les tâches administratives  fastidieuses et compliquées, autrement dit de « la paperasse! »

De telles manifestations de gratitude à l’égard de personnes qui  vivent au quotidien un altruisme et un don de soi en direction de ceux qui souffrent ou que la vie a cabossés a le mérite de mettre en évidence ces qualités et ces valeurs qui contribuent à tisser du lien social, à construire la cohésion, à forger l’unité nationale, et à faire prendre ce mystérieux ciment qui nous permet de faire Nation.

C’est à dire cette volonté collective qui nous fait décider et choisir librement de vivre ensemble autour de valeurs et de principes fondateurs à la fois puissants et fragiles. parce que souvent combattus, méprisés et contestés.

Mais aussi des valeurs et des principes qui peuvent faire se lever tout un peuple que certains croyaient fataliste  et résigné,dès lors qu’il les sent gravement menacés par les forces barbares et obscures du fanatisme.

Après le 7 janvier

Ce matin Robert Badinter, l’emblématique ministre de l’abolition de la peine de mort en France, était l’invité des mercredis du groupe socialiste de l’Assemblée Nationale pour nous livrer ses réflexions après les tueries du 7 janvier à Paris.

En une démonstration tranquille et lumineuse d’une demi-heure et avant de répondre aux questions des députés, il nous a fait part de sa vision et de ses sentiments devant cette situation nouvelle.

Il a d’abord replacé cette tragédie dans la suite historique des guerres de religions qui sont les pires à ses yeux car, à la différence des guerres internationales, voire civiles, elles ne supportent pas la transaction entre belligérants car elle touchent au dogme par définition non négociable aux yeux des croyants.

Chez nous, les mêmes luttes fratricides ont déchiré le catholicisme et le protestantisme pendant des siècles sans jamais s’apaiser vraiment avant la fin du XVIIIème siècle…

Aujourd’hui, c’est le conflit ouvert entre Chiites et Sunnites, autrement dit entre l’Iran et l’Arabie Saoudite pour simplifier, et plus encore sur  fonds d’intégrisme salafiste, qui ravage le monde occidental.

C’est pourquoi Robert Badinter s’est montré assez pessimiste sur la fin de ces déchirements sanglants sous couvert de croisades religieuses, ou en tout cas sur leur atténuation volontaire dans un proche avenir.

Et de s’interroger sur les raisons qui poussent des jeunes filles françaises de confession musulmane à se précipiter avec une certaine allégresse vers la Syrie où, notamment , leur sont promis l’esclavage et la privation de toutes les libertés dont elles jouissent dans notre pays…

Cela ne peut s’expliquer que par la fanatisation savamment inoculée par des maîtres à penser fondamentalistes qui leur fait rechercher les plus grands sacrifices, et même la mort, afin de respecter les prétendus préceptes du Prophète. C’est aussi ce qui lui fait dire qu’il ne faut surtout pas tomber dans la tentation de réprimer les terroristes criminels par un châtiment du type peine de mort, sous peine de voir les candidats à cette fin rédemptrice se multiplier et au risque de transformer ces kamikazes de la foi dévoyée en autant de héros révérés comme des modèles à suivre   par les jeunes musulmans perdus… Tout cela donne la mesure de l’ampleur et de la complexité des questions à régler par notre société occidentale.

Tandis que, selon le grand sage qui nous a remplis à la fois d’admiration et de crainte par son analyse visionnaire, la seule réponse possible sur la durée est, et reste une vraie laïcité des États, c’est à dire celle qui respecte et protège envers et contre tout la liberté de conscience de chacun, assure et garantit à tous le droit de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou de s’abstenir de toute pratique, tout en pourchassant sans repos ni trêve l’intégrisme, le fondamentalisme et le radicalisme religieux.

Rassemblement Républicain Samedi

Après les assassinats des journalistes, des dessinateurs et des personnels de Charlie-Hebdo, des policiers et des témoins l’attaque terroriste de ce mercredi 7 janvier 2015 à Paris, nous sommes tous devenus des Charlie, bien malgré nous.

Face à cette barbarie, nous devons réagir et dire Non, Non et Non…à ceux qui veulent casser la République où chacun à le droit de penser, d’écrire et de publier ce qu’il veut.

La Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat National des Lycéens appellent, les Elus de la République, les militants politiques de tous bords, les syndicats, leurs adhérents, les associations, leurs membres, les représentants de tous les cultes, les croyants, les athées, les jeunes, les étudiants, les anciens, les travailleurs, les privés d’emplois, en un mot, les citoyens, d’ici et d’ailleurs à participer massivement à ce rassemblement républicain.

Vous êtes invités à vous munir d’une bougie ou d’une lanterne pour faire briller la flamme de la Liberté contre obscurantisme.

Rendez-vous samedi 10 janvier à 14h30, place Foch à Saint-Omer.

Meilleurs vœux!

Qui pourrait regretter que l’année 2014 se termine?

Ce ne fut vraiment pas un bon millésime pour les petits, les fragiles, les oubliés du travail, de la chance et de la fortune.

C’est la rançon de la crise qui dure, dure, dure trop longtemps.

Même notre territoire, qui se croyait abonné au bonheur économique éternel, sait depuis 10 ans qu’il n’en est rien et que les plus grandes certitudes ne résistent pas aux bouleversements du monde.

Nos bastions industriels ont tremblé sous les coups d’une mondialisation mal maîtrisée et nous ont amenés au bord du gouffre.
Fort heureusement, le pire n’est jamais sûr et la force de la volonté et de la constance  collectives peut à tout moment faire renaître l’espoir.

C’est ce que nous avons à nouveau vérifié en cette fin décembre, en dépit des prophètes de malheur et défaitistes en tout genre.
Nous savons une fois de plus que grâce à nos atouts et notre refus obstiné du déclin, nous pouvons surmonter les obstacles et renouer avec l’espoir d’une prospérité nouvelle.

Si nous savons poursuivre dans la voie du redressement commun par  le partage et l’effort, rien ne pourra empêcher le retour rapide des jours heureux.

Plus que jamais en 2015 , cette tâche et cette obligation seront miennes.

Pour que cette nouvelle année fasse rapidement oublier celle qui s’achève, et vous apporte, ainsi qu’à vos proches et tous ceux qui vous sont chers, avec la santé et le bonheur simple, la réalisation de vos espoirs, vos souhaits et vos attentes.

A tous, une merveilleuse et sereine année 2015!

L’Espoir retrouvé

Ce matin, l’émotion était palpable chez tous ceux pour qui « la grande maison », autrement dit Arc International, est un peu un second chez soi, quelque chose qui depuis toujours fait, pour ainsi dire, partie de la famille.

Qui n’a pas vécu avec quelqu’un de proche qui a travaillé à la « Cristal » ne peut pas vraiment comprendre.

Mais aujourd’hui, après des mois de négociations sur fond de doute et d’angoisse, après un accompagnement gouvernemental intelligent de chaque instant, après aussi un suivi responsable et pugnace du dossier par les représentants syndicaux , et alors qu’hier soir très tard ont pu être finalisés les accords avec les nouveaux investisseurs et les conditions des pouvoirs publics, Emmanuel Macron, Ministre de l’économie, des finances et du numérique a tenu à venir en personne et sans tarder sur place pour répondre à l’anxiété générale. ll l’a fait avec le naturel, la simplicité et le franc parler qui le caractérisent et renouvellent pour le coup la parole publique.

Après une visite du Four L et une découverte enrichissante du process verrier, du savoir faire ouvrier et de la pépite industrielle arquoise si chère à Jacques Durand, il a rencontré les responsables syndicaux, en présence des investisseurs américains de PHP, des membres de la famille actionnaire, de la Direction actuelle et des Elus nationaux, locaux et régionaux impliqués, pour un échange de qualité, sans langue de bois ni non dits, sans triomphalisme déplacé mais également sans pessimisme hors de propos.

Il a clairement rappelé et réaffirmé la volonté de toujours de l’Etat de n’aucunement se résigner à la disparition de l’usine d’Arques et de tout faire pour sauver ce joyau industriel français tellement riche de savoir faire, de valeurs humaines et technologiques.
Il a franchement balisé le chemin à parcourir pour retrouver le chemin de la croissance et du profit durable en actant le fait que, si l’accord d’hier, qui reste à acter dans les prochains jours, signifie le sauvetage de l’entreprise, les  semaines et mois à venir seront déterminants pour consolider la convalescence et renouer avec des temps plus calmes et plus sereins.

Qu’il faudra aussi beaucoup d’efforts et de sens du collectif pour pérenniser l’outil de travail en optimisant l’expertise du personnel compétent et en s’adaptant au mieux aux conditions nouvelles réclamées par le projet industriel ambitieux et innovant porté par les investisseurs majoritaires .

Sans occulter le moins du moins le caractère douloureux du plan social, même s’il a été contenu au maximum, il a promis la plus grande vigilance de l’Etat pour que chaque salarié concerné soit accompagné, par le biais d’un plan santé régional ambitieux pour ceux qui auraient pu relever du dispositif amiante,  ou seraient trop usés et fatigués ou par celui d’une formation adaptée lui permettant de  retrouver au plus vite une activité professionnelle stable.

Il a ainsi répondu, sans en esquiver aucune, à toutes les questions précises et pertinentes des représentants des salariés, ce qui est hautement plus rassurant que tous les discours autistes ou lénifiants qu’on entend parfois, et encore plus que les rumeurs alarmistes abondamment répandues en pareil cas…

Bref, une matinée pleine d’espoir qui n’exclut ni la lucidité ni la vigilance, mais qui a apporté le message de vérité, de courage et d’espoir qu’attendaient plus de 5000 hommes et femmes pour qui Arc International restera encore  longtemps le gage d’une vie de labeur certes, mais aussi une source d’équilibre, de statut social et de stabilité pour leur famille et leurs enfants.

Célébrations du 11 novembre

Venu sur le site de la nécropole de Lorette pour inaugurer l’anneau de la mémoire, en ce jour centenaire de la Grande Guerre, François Hollande a rappelé que la paix et la liberté sont des biens fragiles et que la folie des hommes peut conduire au pire. Ce ne fut pas seulement une commémoration comme tant d’autres. Ce fut un grand moment d’émotion et de recueillement double d’un acte fort de réconciliation et de fraternité humaine.

Qui peut oublier cent ans plus tard les 18 millions de morts civils et militaires qu’entraîna cette guerre et ce million et demi de jeunes Français fauchés dans la fleur de l’âge, blé en herbe d’une Nation qui ne s’en est jamais vraiment remise ?

Engrenage infernal d’alliances étatiques biaisées et d’intérêts économiques et industriels croisés sur fond de nationalismes exacerbés, cette boucherie sans nom allait s’achever par la composition d’un mélange explosif qui ne pouvait que conduire 20 ans plus tard à un second séisme tout aussi meurtrier…

Devant tant de croix alignées et autant de promesses de vie effacées, je ne peux m’empêcher d’être pris de vertige et d’horreur à la seule idée que ces morts aient pu ne servir à rien…

Comme le suggérait déjà Victor Hugo dans la Légende des Siècles lorsqu’il écrivait en s’adressant aux  soldats tués de beaucoup de guerres: » Et tout cela pour des altesses qui, vous à peine enterrés, se feront des politesses pendant que vous pourrirez! »

Voilà pourquoi, au-delà de toute considération politique partisane, j’estime que le président de la République a bien fait de rappeler l’impérieuse nécessité du devoir de mémoire et qu’un pays qui ignore son passé se condamne à le revivre. Il a eu raison d’insister sur l’évidente possibilité du retour des doctrines qui nous ont conduits au bord de l’abîme et qui se banalisent avec le temps. Il était parfaitement dans son rôle en proclamant son espoir en la jeunesse pour peu qu’elle s’appuie sur les leçons de l’histoire pour éclairer le chemin du progrès, de la tolérance et de la solidarité.

Pour que toutes ces morts , aussi cruelles et injustes qu’elles paraissent, fassent malgré tout surgir du plus profond de leur silence un grand et vrai cri d’espérance.

Honneur à une femme de coeur!

Vendredi à Cambrin, pour son travail, ses mérites et sa profonde humanité, la République a honoré comme il se doit Odette Duriez femme de cœur et de conviction.
Tous ses amis étaient là, autour de ses enfants, de son mari et de sa famille de sang et d’idées.
C’est Frédéric Cuvillier qui lui a épinglé le ruban rouge qui ornera désormais son revers. Il a retracé tout ce qu’elle est, à  travers son remarquable parcours, son action, ses combats, son indépendance absolue et son profond amour des gens qui a été le moteur de sa vie.
Elle lui a répondu dans un discours à son image, c’est à dire pétri d’émotion, de sensibilité et surtout de sincérité qui a tiré les larmes à plus d’un…
Bref, un moment exceptionnel et dense de vérité humaine et d’amitié partagées qui heureusement nous change du bruit et de la fureur d’un certain microcosme aussi factice que désincarné!

France des villes et France des champs

Vendredi l’Audomarois, centre géographique du département et lieu emblématique du mixte ville- campagne,  recevait la visite de Sylvia Pinel et Patrick Kanner pour le premier des 10 ateliers des assises des ruralités qui vont se tenir dans toute la France d’ici fin novembre.

Ces deux membres du Gouvernement respectivement ministre de l’aménagement rural et de la ville sont d’abord venus constater la réussite d’une zone d’activités réalisée par une petite communauté de communes rurale, la Morinie, dont les investisseurs sont pleinement satisfaits et regardent l’avenir avec confiance, forts d’une croissance à deux chiffres et d’embauches continues. Ils ont ainsi pu entendre les conditions et les recettes qu’il faut suivre pour atteindre un tel objectif et ont pu mesurer à nouveau qu’il existe une France qui marche et investit, même si elle est beaucoup moins bruyante et médiatisée que celle qui revendique, se lamente et dénigre à longueur de temps…

Ce fut ensuite la visite d’un canton rural, vitrine de l’expérimentation et de l’innovation de l’espace rural et urbain : celui de Fauquembergues avec la découverte de la maison des services publics, condensé de ce qui se fait de mieux pour arrimer la campagne au train du développement et de l’égalité des territoires qui s’arrête plus volontiers jusqu’ici dans les gares des grandes villes… Un exemple éclatant de ce que volonté et intelligence gestionnaires peuvent faire dans un secteur naguère classé en zone de développement prioritaire parce qu’à la traine des autres territoires départementaux.

C’était la meilleure des introductions possibles pour l’atelier des assises de l’après-midi qui a rassemblé des centaines d’élus ruraux et de forces vives passionnés par l’animation et La Défense concertée de leur lieux de vie et d’élection. Sans verser pour autant dans l’autosatisfaction ni dans la béatitude passive, plusieurs intervenants ont exposé leurs craintes, leurs attentes et leurs priorité pour raffermir le dialogue et la complémentarité gagnant- gagnant entre la campagne et la ville, que ce soit dans le domaine du très haut débit ou bien encore celui de la mutualisation des moyens et des services publics administratifs et de santé. La taille des échelons pertinents d’intervention, de décision  et de regroupement a également été largement discutée comme étant l’un des paramètres majeurs de la pérennisation des politiques publiques et de la nécessaire optimisation des moyens humains, matériels et financiers dédiés à l’action publique collective locale et nationale.

Un message fort et argumenté, dont celui de maintenir le Pas-de-Calais et ses 722 villages dans la série des départements ruraux,  que les ministres n’ont pas manqué de noter avec soin avant de repartir pour la France des capitales et des métropoles.